Published On: octobre 22, 2019-Categories: Oncologie, Publications scientifiques-

SUDOSCAN en Oncologie : Polyneuropathie Induite par la Chimiothérapie

Visuel article Sudoscan Oncologie

SUDOSCAN en Oncologie :
Polyneuropathie Induite par la Chimiothérapie

Deux études évaluant SUDOSCAN

Les effets indésirables neurotoxiques graves induits par les médicaments constituent la deuxième cause la plus fréquente de limitation de dose après les effets indésirables hématologiques. La polyneuropathie induite par la chimiothérapie (CIPN) est couramment associée aux analogues du platine, aux antitubulines (taxane), au bortézomib, inhibiteur du protéasome, et au thalidomide. Cependant, elle est peu étudiée à un stade précoce en raison de l’absence
d’un outil d’évaluation simple.

Les glandes sudoripares étant innervées par de petites fibres C autonomes, le test de la fonction sudomotrice a été suggéré pour le dépistage précoce de la neuropathie périphérique.

Deux études importantes ont évalué les performances de SUDOSCAN dans la détection et le suivi de la CIPN.

Évaluation rapide, non invasive et quantitative de la neuropathie des petites fibres chez les patients recevant une chimiothérapie

Saad M, Psimaras D, Tafani C, Sallansonnet-Froment M, Calvet JH, Vilier A, Tigaud JM, Bompaire F, Lebouteux M, de Greslan T, Ceccaldi B, Poirier JM, Ferrand FR, Le Moulec S, Huillard O, Goldwasser F, Taillia H, Maisonobe T, Ricard D.
J Neurooncol. 2016 Apr;127(2):373-80.

Contexte : Le score total de neuropathie version clinique (TNSc) explore la neuropathie des grandes et petites fibres, avec un score allant de 0 à 28 et une sensibilité plus élevée que d’autres échelles. Le TNSc est
une échelle clinique composite de neuropathie à sept éléments qui inclut les symptômes, les signes et la capacité, et est une échelle CIPN validée et fiable. À ce jour, cette échelle semble être le meilleur compromis entre fiabilité et simplicité, mais elle n’est pas complètement objective et nécessite une formation.
Objectif : comparer SUDOSCAN et TNSc dans l’évaluation de la CIPN.
Méthodes : 88 patients recevant au moins deux perfusions d’Oxaliplatine seul (45,4 %), de Paclitaxel seul (14,8 %), d’un autre médicament seul (28,4 %) ou de deux médicaments (11,4 %) ont été inclus dans l’étude. À chaque perfusion de chimiothérapie, la dose cumulée de chimiothérapie a été calculée, et le TNSc et le SUDOSCAN ont été réalisés.
Résultats : Pour les patients recevant de l’Oxaliplatine, la conductance moyenne des mains (ESC) est passée de 73 ± 2 à 63 ± 2 et celle des pieds de 77 ± 2 à 66 ± 3 µS (p<0,001) tandis que le TNSc est passé de 2,9 ± 0,5 à 4,3 ± 0,4. Des résultats similaires ont été observés chez les patients recevant du Paclitaxel ou une autre chimiothérapie neurotoxique. Pendant le suivi, les valeurs d’ESC des mains et des pieds avec un TNSc correspondant < 2 étaient respectivement de 70 ± 2 et 73 ± 2 µS, tandis qu’elles étaient de 59 ± 1,4 et 64 ± 1,5 µS avec un TNSc correspondant > 6 (p<0,0001 et p = 0,0003 respectivement).

Tableau a et b 2

Comparaison de la conductance des mains et des pieds selon les valeurs extrêmes du TNSc (les données sont la moyenne ± l’erreur standard de la moyenne) ; chez les patients recevant de l’oxaliplatine, du paclitaxel ou d’autres médicaments seuls ou en association (n=61)

Conclusion : Cette étude préliminaire suggère que la neuropathie des petites fibres pourrait être dépistée et suivie à l’aide de SUDOSCAN chez les patients recevant une chimiothérapie.

Conductance cutanée électrochimique comme marqueur de la neuropathie périphérique douloureuse induite par l’oxaliplatine

Delmotte JB, Tutakhail A, Abdallah K, Reach P, D’Ussel M, Deplanque G, Beaussier H, Coudoré F.
Neurology Research International. Volume 2018, Article ID 1254602.

Contexte et objectif : L’oxaliplatine est un composé de platine largement utilisé dans le traitement du cancer gastro-intestinal, mais il produit une neuropathie périphérique limitant la dose. De nouvelles perspectives dans l’évaluation de la neuropathie périphérique induite par l’oxaliplatine (OIPN) sont nécessaires pour détecter plus efficacement cette affection. Dans ce contexte, l’étude Canaloxa a été menée, un essai clinique préliminaire prospectif visant à étudier comment la conductance cutanée électrochimique (ESC), un paramètre utilisé dans l’évaluation de la neuropathie des petites fibres, pourrait être utile dans le diagnostic de l’OIPN.
Méthodes : Des patients atteints de cancer traités pendant au moins trois mois avec de l’oxaliplatine et souffrant d’OIPN clinique ont été inclus. La conductance cutanée électrochimique, les seuils thermiques et la douleur neuropathique à l’aide du NPSI (Neuropathic Pain Symptom Inventory) ont été évalués chez tous les patients inclus.
Résultats : Pendant un an, 36 patients ont été inclus. Le principal résultat a été la corrélation entre l’ESC et le score du Neuropathic Pain Symptom Inventory pour les mains (valeur rho = -0,69, p < 0,0001) et les pieds (valeur rho = -0,79, p < 0,0001). Les valeurs d’ESC étaient plus faibles chez les patients neuropathiques présentant des symptômes douloureux que chez ceux sans symptômes douloureux : 55,4 ± 19,7 contre 77,6 ± 7,9 (p = 0,0003) pour les mains et 55,0 ± 15,0 contre 78,1 ± 6,6 (p < 0,0001) pour les pieds.

Tableau a bis et b bis 2

Valeurs d’ESC des mains

Valeurs d’ESC des pieds

Conclusion : L’ESC pourrait être un marqueur objectif utile de la neuropathie douloureuse induite par l’oxaliplatine et pourrait compléter l’utilisation d’échelles cliniques subjectives.

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